- Guide d’achat · Développement
- Sources vérifiées le 22/10/2026
- Lecture : 8 min
Développement sur mesure : forfait ou régie, qui possède le code et comment cadrer un devis
ParNicolas Finet· Mis à jour le 22 octobre 2026·Sources citées
- Un besoin
- Cahier des charges
- Développement
- Livraison
- Évolutions
La réponse courte
Un développement sur mesure se facture au forfait (prix fixe pour un périmètre décrit) ou en régie (temps passé). Le forfait protège votre budget tant que le périmètre ne bouge pas ; la régie convient à un besoin qui se découvre. Dans les deux cas, la propriété du code ne va pas de soi : selon Bpifrance, sans contrat de cession de droits explicite, le prestataire reste propriétaire du code livré. Un prestataire sert à cadrer le périmètre, chiffrer honnêtement et sécuriser les droits.
L’essentiel
2 formules
forfait ou régie
Chacune déplace le risque : le prestataire porte la dérive au forfait, vous la portez en régie.
Sans cession
le code reste au prestataire
Bpifrance : un contrat de cession doit être explicitement conclu.
Annexé
au contrat
La cession est annexée au contrat de développement, ou au minimum une clause y figure.
Briques tierces
hors cession
Les bibliothèques et composants sous licence ne se cèdent pas : demandez leur liste.
1 simulateur
avec vos chiffres
Comparez forfait et régie quand le périmètre grandit de 25 % ou de 50 %.
6 points
à obtenir par écrit
Une checklist de cession à cocher avant de signer.
Forfait ou régie : ce que chaque formule protège

Un développement sur mesure se facture le plus souvent de deux façons. Au forfait, vous payez un prix convenu pour un périmètre décrit à l’avance. En régie, vous payez le temps passé, au taux journalier de chaque profil. Chaque formule déplace le risque ; aucune n’est meilleure en soi.
| Forfait | Régie | |
|---|---|---|
| Qui porte le risque de dérive | Le prestataire, tant que le périmètre ne bouge pas | Vous : chaque jour supplémentaire est facturé |
| Quand il convient | Besoin précis, écrans et règles décrits, peu de changements attendus | Besoin qui se découvre en avançant, produit qui évolue chaque semaine |
| Ce qu’il faut exiger | Un cahier des charges daté et des critères de recette écrits | Un budget plafond, un point d’avancement hebdomadaire et un temps passé détaillé |
| Piège classique | Chaque évolution devient un avenant : le prix final dépasse le forfait | Un budget qui s’étire sans livrable intermédiaire |
Le simulateur ci-dessous compare les deux formules sur vos propres chiffres. Les valeurs préremplies sont un exemple de démonstration, pas une moyenne du marché.
Périmètre stable
Régie72 000 €
Forfait (avec avenants)80 000 €
+ 25 % de périmètre
Régie90 000 €
Forfait (avec avenants)100 000 €
+ 50 % de périmètre
Régie108 000 €
Forfait (avec avenants)120 000 €
périmètre stable : régie moins cher · + 25 % de périmètre : régie moins cher · + 50 % de périmètre : régie moins cher.
Lecture : en régie, le coût suit le périmètre ajouté. Au forfait, il suit la part des évolutions que le contrat facture en avenant ; si le contrat prévoit des évolutions incluses, ce pourcentage baisse. Le calcul ne dit rien de la qualité du travail.
Qui possède le code une fois livré

Commander un logiciel ne vous en rend pas propriétaire. Selon Bpifrance, un logiciel est protégé par le droit d’auteur dès sa création, sans formalité, s’il est original ; mais, pour un développement confié à un prestataire, « un contrat de cession de droits doit être explicitement conclu », faute de quoi « le prestataire reste propriétaire du code livré » (Bpifrance Création, protection juridique d’un logiciel, consulté le 22 octobre 2026).
| Qui a écrit le code | À qui il appartient |
|---|---|
| Un salarié, dans le cadre de ses missions | À l’employeur, sans clause spéciale |
| Un stagiaire | À l’employeur, sans clause spéciale |
| Un prestataire ou un freelance | Au prestataire, tant qu’une cession de droits n’a pas été conclue |
Bpifrance précise que le contrat de cession doit être annexé au contrat de développement, ou qu’une clause de cession doit au minimum y figurer. L’article L131-3 du Code de la propriété intellectuelle subordonne la cession à la mention distincte de chaque droit cédé et à la délimitation de son domaine d’exploitation. Faites relire la clause par un juriste : ce guide n’est pas un avis juridique.
Six points à obtenir par écrit avant de signer. Cochez ceux qui figurent déjà dans votre contrat ou votre devis :
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Cochez ce qui est acquis.
Forfait, régie ou cadrage d’abord : quatre questions
Répondez pour un projet précis. La grille est notre lecture de cadrage, sans source externe : elle aide à poser les bonnes questions, elle ne remplace pas l’avis d’un expert.
Pouvez-vous décrire précisément ce qui sera livré (écrans, règles de gestion, intégrations) avant de commencer ?
| Votre situation | Notre lecture |
|---|---|
| Périmètre décrit, peu de changements attendus | Forfait sur cahier des charges daté |
| Périmètre décrit, changements probables | Forfait par lots ou plafonné |
| Besoin à découvrir, pilote produit disponible | Régie encadrée |
| Besoin flou, personne pour arbitrer | Atelier de cadrage au forfait, d’abord |
Cadrer le devis : ce qu’il doit contenir
Quelle que soit la formule, un devis de développement sur mesure se juge à ce qu’il précise. Six éléments à demander :
- 1
Le périmètre, écran par écran
Liste des fonctions incluses et exclues. Ce qui n’est pas écrit sera discuté plus tard, et facturé.
- 2
Les critères d’acceptation
Comment saurez-vous qu’une fonction est terminée ? Un cas de test par fonction évite les débats à la recette.
- 3
Les jalons et les livrables
Des versions utilisables à intervalles réguliers, pas un seul livrable final.
- 4
La recette et la garantie
Durée de recette, correction des anomalies sans surcoût pendant une période écrite.
- 5
Les évolutions
Ce qui est inclus, ce qui est chiffré à part, et au tarif de quel profil.
- 6
Maintenance et hébergement
Qui corrige, qui héberge, à quel prix, et comment le service peut être repris par un autre prestataire.
Faut-il un prestataire pour cadrer votre développement ?
Cochez les situations qui vous concernent. Le résultat est notre lecture, pas une norme.
0 situation(s) cochée(s)
Un cadrage interne peut suffire
Rédigez le périmètre fonction par fonction, fixez des critères d’acceptation et demandez deux devis comparables avant de choisir.
Sept questions à poser à un prestataire de développement sur mesure
- 1
Forfait, régie ou mixte, et pourquoi ?
La réponse doit partir de la stabilité de votre besoin, pas du confort du prestataire.
- 2
Que contient exactement le forfait, et que coûte une évolution ?
Demandez la liste des fonctions incluses et le tarif des demandes hors périmètre.
- 3
À quoi reconnaît-on qu’une fonction est terminée ?
Attendez des critères d’acceptation écrits, testables, et une durée de recette.
- 4
Quelle cession de droits proposez-vous, et quand est-elle effective ?
Elle doit être écrite, annexée au contrat et indiquer chaque droit cédé.
- 5
Quelles briques tierces utilisez-vous, avec quelles licences ?
La liste évite de découvrir plus tard une dépendance à une licence contraignante.
- 6
Qui possède l’hébergement, le dépôt de code et les comptes ?
Tout doit être ouvert à votre nom, avec le prestataire en collaborateur.
- 7
Que se passe-t-il si nous changeons de prestataire ?
Documentation, transfert de connaissances et code source livré : demandez la procédure par écrit.
Le brief à préparer avant de déposer votre projet
Huit éléments suffisent pour qu’un prestataire chiffre sans multiplier les allers-retours. Remplissez les champs : le brief se compose à droite. Laissez vide ce que vous ignorez ; un conseiller peut vous aider à le formuler.
Votre brief
Le produit ou l’outil à développer : à préciser Utilisateurs et volumes attendus : à préciser Fonctions indispensables : à préciser Intégrations nécessaires : à préciser Données manipulées : à préciser Contraintes techniques ou légales : à préciser Budget et calendrier : à préciser Qui pilotera le projet chez vous : à préciser
D’où viennent les informations de ce guide
Ce guide ne classe pas d’agences. Les faits juridiques viennent de Bpifrance Création, cités ci-dessous ; le simulateur, l’arbre de décision et les checklists sont des aides de lecture construites par Sortlist. Aucun chiffre de marché n’est avancé.
- Bpifrance Création, protection juridique d’un logiciel : droit d’auteur, cession de droits, salarié ou prestataire (consulté le 22 octobre 2026).
Ce contenu n’est pas un avis juridique : faites relire la clause de cession par un juriste.
Questions fréquentes
Forfait ou régie : lequel est le moins cher ?
Cela dépend de la stabilité du besoin. Au forfait, le prix est connu mais chaque évolution peut être facturée en avenant ; en régie, le coût suit le temps passé. Le simulateur de ce guide compare les deux sur vos chiffres.
Le code m’appartient-il automatiquement après le paiement ?
Non. Selon Bpifrance, sans contrat de cession de droits explicite, le prestataire reste propriétaire du code livré. Faites rédiger la cession et relire par un juriste.
Que faire des bibliothèques open source utilisées ?
Elles restent soumises à leur propre licence et ne peuvent pas être cédées par le prestataire. Demandez-en la liste en annexe, avec les licences.
Puis-je changer de prestataire en cours de route ?
Oui, si le code source, la documentation, l’hébergement et les comptes sont à votre nom. C’est à vérifier avant de signer, pas au moment de partir.